« Personne n’était préparé à cette catastrophe, mais

Aujourd’hui, aussi, tout peut recommencer. »

Viktor P. Brioukhanov[1]

 

  La véritable cause d'une catastrophe...  

Une autre version ? Vrai ? Montage ? Le tremblement de terre.

Et si c’était vrai ? Version officieuse, reconnue officielle en 1996.

 

Nous connaissons la version « officielle » diffusée par le gouvernement Gorbatchev, que l’on apprendra par les médias après la conférence de Vienne en août 1986.

Est-ce bien la vérité ?

C’est plausible, techniquement, et entériné par tous les scientifiques. La version officielle, si elle est acceptée par toutes les puissances mondiales comme une preuve de sincérité de la part du gouvernement Gorbatchev, laisse quelques failles dans ses explications.

Une autre explication va voir le jour quelques années plus tard, ! Et si c’était vrai ?

Un matin, je reçois un appel téléphonique d’un sénateur que je connais :

- Monsieur Jacquemin, avez-vous regardé le reportage sur Arte hier soir sur la catastrophe de Tchernobyl ? Ils expliquaient que c’était dû à un tremblement de terre…

Dans l’après-midi, deuxième appel d’une personne « sérieuse » : un député ! Même question ! Je n’avais pas vu ce reportage ! Alors je prends contact avec la chaîne Arté qui ne peut m’adresser une copie du documentaire, mais s’engage à me prévenir lors d’une prochaine diffusion. Effectivement, quelques mois plus tard, je reçois un courrier m’annonçant la rediffusion du reportage en question.

« Tchernobyl, les vraies raisons d’une catastrophe »  Bente Milton - Arte.

On apprend en regardant ce reportage que le physicien Constantin Pavlovitch Tchetcherov passe l’été 1986 à examiner le bloc du réacteur n° 4 et à mesurer le rayonnement radioactif dans la ruine. Il voulait étudier le rayonnement thermique avec un appareil américain, un téléthermo-scanner à infrarouge. Sa mission consistait à survoler le réacteur pour mesurer sa température. Par crainte d’une nouvelle réaction en chaîne dans le c½ur du réacteur, les experts soviétiques lui demandèrent d’aller vérifier dans les entrailles de celui-ci. Il ne trouva aucun point chaud.

Les hommes de son équipe sont allés dans le réacteur détruit, résultat  : « On pensait que la radiation devait être énorme car les matériaux radioactifs du c½ur du réacteur s’y seraient écoulés, or il s’est avéré que les radiations n’étaient pas aussi fortes que l’on s’y attendait[2]. » Naturellement les gens avaient revêtu des combinaisons spéciales, mais pas un seul d’entre eux n’est mort ni ne souffre de lésions graves. Apparemment rien de la matière radioactive du réacteur ne s’est répandu dans le bâtiment pas même en chute libre vers le bas.

Les valeurs mesurées tout autour du globe terrestre indiquent que le réacteur a rejeté beaucoup plus de matière radioactive dans l’atmosphère que les valeurs avancées par l’Union Soviétique. Officiellement, d’après les autorités soviétiques, seulement 4 % de la charge du réacteur s’étaient échappés dans l’atmosphère et 96 % seraient restés dans le c½ur du réacteur. Les chercheurs s’aperçoivent que la réalité est inverse, le réacteur est presque vide et tout s’est échappé, ce qui explique que l’équipe de Tchetcherov a pu y entrer sans mourir.

Durant plusieurs mois, l’équipe de Tchetcherov retourne dans le sarcophage pour étudier. Elle trouve d’étranges traces de l’accident qui ne concordent absolument pas avec les explications qui avaient été données au public international. Pourtant on a jamais accordé d’importance à ces témoignages intéressants qui  ressortent en 1990 dans des documents à Kiev.

Constantin Pavlovitch Tchetcherov qui a longuement interrogé les membres du personnel de la centrale qui étaient de service cette nuit-là raconte :

- « D’abord le tremblement, des secousse et des vibrations, puis la lumière s’éteint, quand la lumière revient, on décide d’arrêter le réacteur. Ca s’est passé comme ça ! D’abord les secousses et ensuite la décision de stopper le réacteur. »

- « Quand l’accident s’est produit, tout le personnel de l’équipe de nuit c’est trouvé bien entendu, impliqué d’une façon ou d’une autre, dans l’évènement. Qu’ils aient été en service dans la salle de contrôle ou dans le bâtiment des turbines, tous ont racontés qu’ils avaient senti quelque chose quand l’accident s’est produit. La plus part se rappelle d’un grondement sourd. Tout a commencé comme ça, par un bruit à basse fréquence et le plancher tremblait, les murs vacillaient, le crépi se détachait du plafond, tous se souviennent de ça. La terre semblait s’ouvrir sous leurs pieds. »

Les récits des témoins et les recherches de Tchetcherov font apparaître une chose : l’explication officielle de 1986 était fausse.

Dans une interview pour la télévision allemande1, le physicien déclara :

- « On avait supposé que l’enceinte circulaire de protection biologique autour du réacteur était détruite ou en tout cas, fortement endommagée, mais elle était presque intacte. Sur une grande partie de sa surface, même la peinture était encore intacte.

- « On s’était attendu à ce que l’explosion dans le puits du réacteur déchire tout, mais rien n’était déchiré. 

- « L’examen des photos montre que des ondes de pression ont dû sévir, il y avait toute une série d’absurdités dont nous ne pouvions expliquer les causes. Une violente explosion dans le réacteur aurait tout détruit, mais ici certaines salles sont restées intactes, ce qui paraît très étrange. Par contre les effets du séisme sont évidents : on voit en plusieurs endroits de grandes plaques de béton qui se sont détachées et puis les tuyaux métalliques dans la partie supérieure sont complètement déformés par des cisaillements, ce qui est le signe d’énormes forces horizontales. »

Ce pourrait-il donc qu’il y ait eu un tremblement de terre à Tchernobyl ?

En 1990, le physicien atomiste Constantin Pavlovitch Tchetcherov prend contact avec le géophysicien russe Mikhaïl Tchaadaïev. Ce dernier est en possession de sismogrammes secrets, obtenus à partir d’enregistrements de postes d’écoute militaires. Il a entre les mains, les preuves de la véritable cause de l’accident. Tchaadaïev est convaincu qu’un tremblement de terre a joué un rôle. Mais il a peur de parler, peur de communiquer ses informations secrètes.

Après réflexion, Mikhaïl Tchaadaïev décide d’écrire un article dans les journaux pour expliquer sa vérité : « Un tremblement de terre à Tchernobyl est à l’origine de la catastrophe ». Il disparut sans laisser de trace. Volatilisé, on ne l’a jamais revu !

Ses documents, par contre, ont refait surface quelques années plus tard, à l’Institut de Géophysique de Moscou, où des scientifiques russes renommés ont sonné l’alarme pour informer la communauté scientifique du monde entier : Un autre accident de ce genre peut se reproduire.

Deux ans plus tard, l’Institut Kurtchakov de Moscou envoya une équipe de chercheurs pour étudier. Pourtant, on n’avait toujours pas d’idée précise du déroulement de l’accident. Ils continuèrent les recherches afin de découvrir exactement ce qui s’était produit. Elles les emmenèrent dans le puits du réacteur et même jusqu’à l’ancienne salle de contrôle au-dessus du réacteur où des milliers de mesures, de photos et de vidéos furent prises. Ce n’est qu’après étude de ces documents qu’ils ont eu un pressentiment sur ce qui avait pu se passer, puis c’est devenu évident : Les déclarations officielles de 1986 ne concordaient absolument pas avec ce qu’ils avaient découvert.

On apprend ainsi qu’en juillet 1986, le KGB transmit aux hommes politique et aux fonctionnaires de haut rang une liste[3] « TOP SECRET»  contenant des instructions claires.

- C’était inhabituel, une décision politique, précise Constantin Pavlovitch Tchetcherov. Cette liste était sortie et tous les cadres devaient s’y tenir.

Les documents défilent  en russe durant les commentaires du physicien :

Au point n° 1 : « Causes réelles » figure la véritable cause de l’accident de Tchernobyl qui ne devait jamais être connue : « Toutes les informations qui révèlent la véritable cause exacte de l’accident du réacteur sont « TOP SECRET».

- Donc que tous les communiqués d’informations officiels étaient faux, puisqu’ils n’étaient pas « TOP SECRET».

Viennent ensuite les points suivants : 2) Étendue des dégâts… 3) Pollution radioactive …secret… étendue des travaux… Sur la liste du KGB, on peut lire au point n° 10 : « Les informations sur le c½ur du réacteur qui pourraient révéler que des quantités dangereuses de matière radioactive se sont échappées dans l’atmosphère doivent être tenues secrètes. »

Le point n° 10 donne donc raison au physicien Tchetcherov qui pense que pratiquement tout le contenu du réacteur s’est échappé !

Cela expliquerait la présence dans le nuage de radioéléments lourds comme le strontium retrouvés jusqu’en Corse ou en banlieue parisienne ou les transuraniens. Pour que ceux-ci aient voyagé si loin, il a fallu qu’ils soient pulvérisés en très fines particules, moins d’un millième de millimètre, ce qui suppose des températures nettement plus élevées que celles que l’on peut atteindre par les désintégrations radioactives. Cela explique également les analyses effectuées aux États-Unis et au Canada et qui prouvent que des particules provenant de Tchernobyl étaient présentes sur leur sol.

Avec l’éclatement de l’Union Soviétique en 1991, certains documents confidentiels ont été divulgués.

- Cette liste avait vu le jour d’une façon très singulière, tout simplement au sein des services secret, au KGB, précise Constantin Pavlovitch Tchetcherov devant la caméra.

En 1992, l’Académie de Sciences ukrainienne organisa un concours pour les experts internationaux afin de proposer une solution qui permette de transformer le sarcophage actuel en un « ensemble écologiquement sûr ». La proposition retenue par l'Union Européenne est l'étude de faisabilité du Consortium « Alliance » qui regroupait les sociétés françaises : Campenon-Bernard, SGE, Bouygues et SNG ; les britanniques : Taywood Engineering et AEA Technology ; et la société allemande : Walter Bau. Cette construction haute de 91 mètres sur 102 mètres de large et 210 mètres de longueur, soit environ deux fois l'Arche de la Défense, coûtera près de deux milliards de dollars, d’après les déclarations, le 2 septembre 2005, du ministre ukrainien des Situations d'urgence David Jvania.

Dans son rapport déposé en 1995, l’« Alliance » indique un certain nombre d’informations provenant plus des chiffres officiels des autorités de l’ex-URSS que de ses propres recherches. Le rapport estime, par exemple, que plusieurs centaines de milliers de mètres cubes de matériaux radioactifs se trouvent encore dans le réacteur, dont pas moins de 40 000 m3 de déchets extrêmement radioactifs mélangés à 200 tonnes de combustible nucléaire. Si cela était exact, le sarcophage serait rempli de matériaux radioactifs et Tchetcherov et son équipe n’auraient pas pu s’y aventurer sans une lourde protection spéciale. Ils auraient subis sur-le-champ de graves lésions. Cela signifie donc que la plupart des informations officielles données sur Tchernobyl sont très loin de la réalité, très loin du « besoin de vérité » demandé par Mikhaïl Gorbatchev.

Les résultats du groupe « Alliance » sont les suivants :

- « 1) Le sarcophage est instable, il pourrait facilement s’effondre sous l’effet d’un tremblement de terre ou d’une autre catastrophe naturelle.

- 2) Le bloc B voisin est lui aussi instable, il pourrait également s’effondrer en cas de tremblement de terre.

- 3) Il faut commencer immédiatement la construction d’une nouvelle enceinte en béton solide, car la crainte d’une secousse sismique est ici beaucoup plus réaliste que beaucoup ne le pensent. »

Le rapport « Alliance » contient toutes les informations sur de possibles tremblements de terre dans la région de Tchernobyl. Il est scientifiquement irréprochable et indique que la centrale nucléaire de Tchernobyl est construite exactement au point de rencontre de deux énormes lignes de failles planétaires :

-  la faille de Pripyat au Sud,

-  la ligne dite de Teterov au Nord.

Finalement une commission russo-ukrainienne fut mise en place en 1996. Elle aboutit à la conclusion : Il y a eu effectivement un séisme local, tout juste 20 secondes avant l’accident (1h23’24’’).

Quelques stations sismographiques avaient été installées en 1985 dans la région de Tchernobyl. À l’époque de l’accident, il y avait trois stations situées de 110 à 170 kilomètres à l’ouest de la centrale. En réalité, ces stations n’étaient pas conçues pour détecter de faibles tremblements de terre localisés, mais pour détecter des essais d’armes nucléaires très éloignées. La courbe enregistrée par la station de Norinsk, la plus proche de Tchernobyl, fait apparaître une onde transversale forte, qui est plus intense lors d’un séisme. Elle suggère effectivement qu’il s’agissait d’un tremblement de terre. La station a également enregistré d’autres séismes, et même assez souvent. Aujourd’hui, c’est un fait établi.

À l’institut de Géophysique de Moscou, on confirme aujourd’hui le scénario du tremblement de terre. La comparaison de l’instant de la secousse sismographique avec celui de l’explosion du réacteur cité par l’Agence Internationale à l’Énergie Atomique dans son rapport, fait apparaître que le séisme dans la région de Tchernobyl s’est produit le premier. La terre aurait déjà tremblée 20 secondes avant l’explosion du réacteur. Puis 22 ou 23 secondes se sont écoulées après la secousse, alors seulement, le réacteur a explosé. Pourtant, officiellement, la centrale de Tchernobyl avait été construite dans une région géologiquement stable.

Les études ont prouvé que les mouvements souterrains, et donc les tremblements de terre, suivent les lignes de failles géologiques, les épicentres des séismes se situant sur les lignes de failles ou juste à coté. Les failles tectoniques avec leurs énormes forces de tension apparaissent là où les plaques terrestres ripent l’une contre l’autre dans le sous-sol. La force de friction entre les plaques provoque des déplacements de celles-ci, par à-coups, la terre tremble.

Un séisme naturel, si faible soit-il, peut provoquer des dégâts fatals. Même si le bloc de la centrale reste de prime abord intacte. La secousse touche en premier les installations techniques de la centrale, en particulier le système de refroidissement avec ses 1 658 tuyaux. L’éclatement de seulement 20 de ces tuyaux est considéré par le règlement comme un grave accident. Alors, si 50 ou 100 tuyaux crèvent, c’est tout le système qui s’effondre !

La station sismographique n’a effectivement enregistré qu’un séisme de faible amplitude. D’après les enregistrements, il s’agissait d’une secousse relativement faible, d’une amplitude de 2,5 sur l’échelle de Richter. Mais il semble que la ligne de faille de l’écorce terrestre passe sous la centrale, soit à proximité immédiate. Une faille dont le fond rocheux cristallin est  profond d’environ 450 mètres.

Si cette hypothèse est exacte, les effets de cette faible secousse ont pu causer des dégâts importants, en particulier sur les installations techniques du réacteur. Les effets produits par de faibles secousses peuvent avoir en profondeur les effets d’un séisme de 7 à 8 d’amplitude.

Les chercheurs de l’Institut Géophysique de Moscou ont reconstitué le déroulement de l’accident à partir des données sismographiques, des journaux de marche de la centrale et des témoignages recueillis. La nouvelle version sur la catastrophe de Tchernobyl est très bien étayée par la sismologie. Selon cette version, il n’y a aucun doute, l’explosion du réacteur a été précédée par un tremblement de terre.

Cela donne, d’après eux, un nouveau scénario de la plus grande catastrophe nucléaire civile[4] :

- « Une heure et demie, avant l’accident, des pêcheurs entendent un bruit sourd.

- 1 heure 10, un phénomène étrange près d’un poste de garde à l’entrée du bâtiment central, c’est sur ce point précis qu’a dû se situer l’épicentre du séisme qui se prépare.

- 1 heure 21, le responsable du service informatique remarque une lueur bleuâtre dans le bâtiment central.

- 1 heure 23 et 35 secondes, le séisme commence et le bloc n° 4 se met à trembler.

- 1 heure 23 et 40 secondes, le technicien de service remarque la secousse et appuie sur le bouton d’urgence, les vibrations augmentent. La première secousse est violente, les piliers verticaux vacillent de droite à gauche, des plaques de plâtre tombent du plafond, de nouveau cette lueur, dans le bâtiment des machines, les fenêtres éclatent. Une secousse violente et le réacteur explose. »

Le déroulement complet de la catastrophe, l’activité enregistrée dans l’écorce terrestre, ainsi que tous les autres facteurs maintenant connus, confirment que le risque sismique est peut être plus important que ce qu’on pensait jusqu’ici. La région est soumise à des séismes de magnitude 5 sur l'échelle de Richter, en moyenne tous les 27 ans. Un tremblement de terre de magnitude 6 est possible tous les 100 ans...

Autre confirmation, en 1995 la revue allemande Dresdner Neueste Nachrichten a publié une information selon laquelle l'accident de Tchernobyl serait dû à un séisme. C'est ce tremblement de terre qui aurait entraîné la rupture d'un certain nombre de circuits de contrôle et fait que les ingénieurs soviétiques n'ont pu maîtriser l'emballement du réacteur. Jewgenij Barkowskij, le géophysicien qui signe l'article, affirme que l'information a été gardée secrète car cela aurait fait comprendre que d'autres réacteurs situés en ex-URSS ne sont pas sûrs.

 L'auteur indique que les risques sismiques de la région de Tchernobyl sont bien connus et qu'un séisme de forte intensité a eu lieu en 1530. Il amène pour preuve que le réacteur n° 4 n'a pas été le seul à être touché et que les n° 2 et 3 ont dû également être réparés. La revue russe Nowaja Jeschednjewnaja Gasteja a publié le 10 août 1995 un compte-rendu public des relevés sismographiques.[5]

Le tremblement de terre le plus fort connu dans cette région a eu une amplitude de 7 sur une échelle allant jusqu’à 12. Il s’est produit en 1912, son épicentre se trouvait tout près de l’actuelle centrale d’Ignalina, à 30 kilomètres dans la  région de la ville lettone de Dunabourg. D’autres ont eu lieu en 1821, en 1853 et en 1908.

Lorsque j’ai abordé ce sujet dans mon livre Tchernobyl, aujourd’hui les français malades[6], le mensuel Historia m’a consacré un article qui lui attira la foudre de certain de ses lecteurs, anciens professionnels des CEA. Pourtant si cette revue était la première en France à avoir le courage d’aborder ce thème du tremblement de terre, d’autres l’avaient fait auparavant dans d’autres pays. Je ne pense pas qu’une chaîne comme Arte puisse diffuser des reportages « bidonnés » comme le fait, en France, une certaine chaîne privée.

Que certaines personnes prennent plaisir à me contredire, à me salir, à me diffamer… Depuis que j’écris sur Tchernobyl, j’en ai pris l’habitude. Les jaloux, les envieux ne me font plus rien. Comme me l’a dit Michèle Rivasi, créatrice de la CRII-Rad et première Présidente de cette association : « Quand tu réussis là où les spécialistes se sont plantés, tu ne te fais pas des amis ! » Je pense qu’elle savait de quoi elle parlait… Il est vrai qu’avant que paraisse, en octobre 1998, mon premier livre : Ce fameux nuage… Tchernobyl, la France contaminée[7] préfacé par Monsieur Théodore Monod, les médias, les associations, les instituts d’État, personne ne parlait plus de la catastrophe en dehors de la période anniversaire. C’est seulement après la sortie de ce livre que des malades décidèrent de créer une association pour défendre leurs droits. Je comprends donc aisément que pour certain, je sois comparable à une écharde enfoncée dans le talon de certains lobbies. En voulant faire éclater la vérité, je dérange, j’en suis bien conscient.

Que l’on mette en doute le reportage d’Arte quand on ne connaît rien sur la réalisatrice, pourquoi pas ? Mais alors on se renseigne ! C’est très facile à présent avec Internet et le serveur Google : http://www.miltonmedia.dk/bente-milton.htm

Bente Milton est connue dans le monde entier pour ses reportages.

Or, ce documentaire d’une heure dont le titre initial est : The Secret Factor (le facteur secret) et qui révèle un tremblement de terre de 20 secondes est produit par Milton media et co-produit par la DR-Danish Broadcasting. Écrit et dirigé par Bente Milton, The Secret Factor, est le gagnant de l' « Award des princes »  pour le meilleur documentaire sur l'environnement de l'Europe en 1998 et le gagnant du prix d' « Ekofilm Publicist » au Festival Environnemental International du film en 1999. Il obtient également le prix « Visions du RÉEL », dans la catégorie « Reportage grand » en 1998.

Cela représente beaucoup de distinctions pour un « faux » reportage, non ?

La carrière professionnelle de Bente Milton comme réalisatrice et productrice a commencé en 1991 à l’École Nationale du Film du Danemark. Son premier projet documentaire – « Octobre 43  »  lui a valu d’être nommée pour un OSCAR TV.

Au cours des années suivantes, elle a produit et a dirigé un grand nombre de documentaires qui lui ont valu plus de 20 récompenses internationales et nominations. Les films de Bente Milton visent une audience internationale, la plupart d'entre eux passent en première partie de soirée dans un grand nombre de pays. Elle participe à des festivals internationaux de films et donne des conférences de part le monde. Son reportage « Tchernobyl, le sarcophage » lui a valu le Prix Européen de télévision 2002: - « Ôkomedia 2002 »  et en 2003, elle a été nommée pour le « Grimme Preis »

Son reportage  « Roulette Russe », un documentaire d'une heure sur les problèmes de sécurité des deux plus grands réacteurs nucléaires dans le monde : Ils sont tous les deux à Ignalina en Lituanie, révèle des informations strictement confidentielles et fortement alarmantes au sujet de la sûreté de cette centrale. Vendus aux stations de télévisions du monde entier, il lui a valu d’être nommée pour le prix de TV-Festival de Monte Carlo en 2000.

Les prix et les récompenses sont régulièrement attribués à Bente Milton pour son travail[8]

Ses films se font en coproduction avec la coopération danoise de l'institut du film, avec les TV-stations, la vision TV, Canada, RTSR, la Suisse, RTBF scandinave - la Belgique, HBO - États-Unis, Channel 4 - le Royaume-Uni, ZDF - L'Allemagne Et le TV2 - Le Danemark, etc.

Et l’on voudrait faire croire que cette femme dont le travail est reconnu et primé dans le monde entier a fait un « reportage orienté » de reportage sur un faux tremblement de terre ?

Non ! Ce n’est pas parce que notre télévision aux ordres des différents gouvernements, c’est-à-dire au ordres des lobbies ne diffuse jamais un reportage de Bente Milton concernant les centrales nucléaires de l’Est, que ses reportages sont faux.

Au contraire… Je pense que dans le pays le plus nucléarisé de la planète, ces reportages feraient peur à la population qui pourrait demander des comptes…

Nous sommes donc soumis à cette censure gouvernementale !

Toutefois, j’ai décidé, sur le conseil de mon amie Solange Fernex, ancienne députée européenne, de contacter l'Institut de Physique du Globe, à l’Université de Strasbourg, où j’ai pu poser la question à Madame Christiane Nicoli. Voici sa réponse : « J'ai lu avec intérêt votre article et fait les recherches nécessaires sur la sismicité de la région de Tchernobyl du 01 au 26 avril 1986. Aucun organisme international ne relève une activité sismique dans la région pendant cette période (les Anglais : International Seismological Center et les Américains : NEIC qui sont tous deux  les références internationales). J'ai poussé un peu plus loin la curiosité et fait des recherches sur la région de 1928 à fin 2003 en mettant un rayon de 200 km autour de Tchernobyl et là rien aussi. Si les Russes cachent quelque chose dans la région il est certain que les Américains eux se feraient un plaisir de dévoiler cela !!!. Il est donc certain que si une sismicité est présente dans la région, elle est très faible.

Ensuite je vais me permettre quelques réflexions personnelles qui n'engagent que moi et ma "petite" expérience d'analyste en sismologie. Il est pratiquement impossible qu'un séisme de magnitude 2.5 fasse des dégâts à ce niveau-là (où seraient les maisons des mineurs de houillères de lorraine-Freyming-Merlebach, Gardanne, etc. qui elles sont soumises régulièrement à ce genre de secousses ? Je ne dis pas qu'au bout de quelques années elles ne présentent pas quelques fissure,s etc. Mais elles sont toujours debout et c'est la répétition des évènements qui font que des dégâts apparaissent. En lisant votre article et vos écrits sur les témoignages entendus je pense à la catastrophe d'AZF. Sur ce phénomène nous avons tout entendu et été beaucoup sollicités et il est certain qu'un évènement sismique aurait bien arrangé Total et beaucoup ont vu en étudiant le sismogramme de la déflagration que peut-être... et si ... mais les faits sont là, irréfutables avec une preuve inattaquable.

En conclusion et pour pouvoir être honnête et cartésien la seule solution valable serait d'avoir en notre possession les sismogrammes de la déflagration pour pouvoir analyser ces vibrations qui ont précédé. Il est impossible d'établir un diagnostic sûr et fiable sans ce document, sans pouvoir étudier cette trace. À part cela on ne peut rester que dans le
système des hypothèses.

Le risque zéro n'existe nulle part. Il est certain que nos dirigeants, quelle que soit leur orientation politique, ont conscience de cela. En ce qui concerne les centrales nucléaires en France, elles sont toutes conçues pour résister à des séismes de magnitude 7.5 .Aucun séisme de cette magnitude n'a jamais était enregistré en France, même en faisant une recherche dans les séismes historiques. Le seul point noir est que nous travaillons à notre échelle et que la planète travaille à son échelle et que nous n'avons pas assez de recul pour vérifier le « là ou y a eu, il y aura ! » Bâle a connu un tremblement de terre en 1356, à quand l'autre demain ou dans 1000 ans ? Si l'on sait que là où il y a eu, il y aura, il nous est impossible de dire quand !!!

« Je pense que la seule chose qui puisse vous être utile est ma recherche de sismicité, mais pour moi il me semblait important de vous donner mon avis. »

Alors, la vérité, la connaîtrons-nous un jour ? Ces fameux « sismogrammes de la déflagration pour pouvoir analyser ces vibrations qui ont précédé » les verrons-nous un jour ?

Tchernobyl n’est pas, bien sûr, la seule centrale nucléaire construite sur une faille sismique. Actuellement, les géologues russes reconnaissent que huit centrales sont sur des failles géologiques et donc dangereuses : Tchernobyl, Rovno, Kalinin, Beloyarsk, Kursk, Sosnovy-Bor, Saporohsk, et surtout Ignalina, la plus grande et la plus dangereuse de toutes, comme l’a révélé le reportage « Roulette Russe » de Bente Milton. En décembre 2004, un des deux réacteurs de la centrale d’Ignalina a été fermé, comme l’exigeait l’entrée de la Lituanie dans la communauté européenne.

Après l’accident de la centrale de Tchernobyl, des experts russes et lituaniens ont étudié le sous-sol de la centrale d’Ignalina. Dans leur rapport de 1989, ils ont décrit une situation géologique alarmante. Les responsables ont pourtant ignoré les avertissements des géologues. Les résultats de toute une série de recherches ont permis de découvrir un certain nombre de failles dans l’écorce terrestre qui s’étendent à différentes profondeurs dans la terre, de 10 mètres jusqu’à plusieurs centaines de mètres. Des mouvements de l’écorce terrestre peuvent produire des secousses passagères, cela peut être très dangereux pour de grandes centrales.

La centrale d’Ignalina est construite au point de rencontre de trois blocs relativement énormes de l’écorce terrestre :

-    Le synclinal baltique, venant de l’Ouest,

-    L’anticlinal mazuro-biélorusse, venant de l’Est,

-    L’anticlinal letton venu du Nord.

Là, où trois morceaux de l’écorce terrestre se rencontrent, ils forment un foyer explosif de risques naturels. Personne ne s’est intéressé aux conditions géologiques du lieu. Cette centrale possède également des réacteurs de type RBMK, et comme Tchernobyl, elle n’a pas d’enceinte de confinement. En cas d’accident, le nuage radioactif pourrait s’en échapper librement et se répandre sur toute l’Europe une nouvelle fois.

Si la vraie raison de l’accident de Tchernobyl est un tremblement de terre, les conséquences sont sérieuses pour les citoyens du monde entier, pas seulement pour les centrales de l’Europe de l’Est, déjà considérées comme peu sûres, mais également pour toutes les  centrales nucléaires dans le monde.

Les centrales nucléaires ont besoin d’une grande quantité d’eau pour fonctionner. Elles sont construites à proximité d’un fleuve, or, les fleuves, prennent comme lit les failles terrestres. La solution technique du problème de refroidissement implique donc que les centrales soient construites près des failles géologiques.

Chaque État a ses propres intérêts, ce n’est pas une question de philosophie, mais toujours une question d’argent. Est-ce pour cela que la version officielle des Soviétiques a été accueillie avec indulgence, et sans trop de curiosité de la part des autres pays nucléarisés ? Est-ce pour cela que la nouvelle version a trouvé très peu d’écho dans la presse des pays nucléarisés, surtout dans notre pays, celui des droits de l’homme ?

Cette vérité, aurait-elle, comme le nuage, été arrêtée à nos frontières ? Pourquoi ?

Le physicien russe Valery Legasov connaissait-il la vérité lorsqu’il a annoncé la version officielle de la catastrophe de Tchernobyl lors du congrès de Vienne en août 1986 ? La vérité qui allait être découverte dans les années à venir était-elle si horrible ? Le nombre de victimes, qui allait se chiffrer par centaines de milliers de personnes, était-il si dur à assumer ? Valery Legasov s’est suicidé avec ses secrets, le 26 avril 1988, deux ans jour pour jour après la catastrophe de Tchernobyl.

L’erreur humaine fut mise en avant, Viktor Brioukhanov, directeur de la centrale lors de l’accident, a été tenu responsable. Son procès s’est déroulé à huit clos, sans la présence de journalistes occidentaux. Il a été condamné à 10 ans de prison. Pour lui : « Personne n’était préparé à cette catastrophe, mais aujourd’hui aussi, tout peut recommencer ». Comme on le comprend, malheureusement !

La Turquie a renoncé à la construction de la centrale d’Akkuyu. Ce projet très critiqué était situé sur la faille sismique d’Ecemis. Le Japon a été contraint de fermer les trois réacteurs nucléaires de la centrale de Fukushima, située à 250 kilomètres de la capitale, Tokyo, en raison de risques sismiques trop importants.

Par contre, l’Arménie qui avait arrêté les deux réacteurs de la centrale de Metzamor après le tremblement de terre d’Erevan les a remis en fonctionnement.

Les autorités allemandes ont fermé la centrale nucléaire de Mülheim-Kärlich à cause des risques sismiques.

En France, la Direction de la Sûreté des Installations Nucléaire (DSIN) demande depuis 1995 la fermeture de l’usine fabriquant du MOX, combustible à base de plutonium et d’uranium, située à Cadarache, en raison de la « sismicité permanente de la faille « Aix-en-Provence/La Durance » et de la faiblesse de cette usine face aux risques sismiques ». Cadarache est désormais le lieu choisi pour la construction de la machine ITER. La vallée de l’Ubaye s’inquiète à raison de 12 à 15 000 secousses par an, on peut craindre un séisme de 3,5 à 5, 5 de magnitude. Le séisme le plus important remonte au 5 avril 1959, à 10 h 48, de 5,5 sur l’échelle de Richter. Il avait été ressenti jusqu’à Toulon.

À Bugey, dans l’Ain, les réservoirs d’eau qui servent à refroidir le c½ur du réacteur présentent un nombre d’ancrages au sol insuffisant et ne tiendraient pas en cas de séisme.

Dans l’Est, le séisme du 22 février 2003 d’une magnitude de 5,4, dont l’épicentre était situé à Saint-Dié, a été ressenti dans 40 départements.

Alors que le Bas-Rhin est sur une zone sismique, à la centrale de Fessenheim, placée sur une faille active du fossé tectonique alsacien, en cas de séisme, ce sont les anneaux qui fixent les réservoirs au sol qui ne résisteraient pas à un fort tremblement de terre. Cette centrale est en fonctionnement depuis 27 ans, il a fallu attendre 23 ans pour que l’on s’aperçoive qu’en cas de séisme de force 6,5 sur l’échelle de Richter, le c½ur de la centrale ne serait plus refroidi. Même en arrêtant le réacteur immédiatement, il continuerait à produire de la chaleur, il faudrait provoquer une évaporation. Si un des réservoirs présentait une fuite, le circuit primaire de refroidissement ne pourrait plus être garanti. L’accident ainsi provoqué pourrait ressembler à celui de Three Mile Island en Pennsylvanie en 1979 : la fusion du c½ur du réacteur.

La résistance aux séismes des centrales d'EDF pose un réel problème dans notre pays. Le 26 mai 2003, le réseau associatif « Sortir du nucléaire » a publié sur son site Internet un communiqué : « Séismes et centrales nucléaires. Les chiffres de l'Autorité de sûreté nucléaire et d'EDF diffèrent gravement.» On apprend : « Les experts de l'IRSN[9], ont réévalué la résistance de nos centrales aux tremblements de terre, en tenant compte notamment des dernières avancées de la sismologie. Plusieurs d'entre elles devraient subir de très importants travaux, dont le coût serait proche des 2 milliards d’euros à la charge d’EDF, pour répondre aux normes de sécurité. »

Dans l'un des documents d'EDF, divulgué par l’association, on peut lire : « Nous savions que la menace planait.» La menace n'est pas le risque sismique, indique le journaliste du Figaro, Fabrice Nodé-Langlois, le 10 juin, mais la possibilité de devoir entreprendre de coûteux travaux. On lit également : « Il faut mobiliser stratégiquement au-dessus des experts pour lever la contrainte. (...) Une communication de haut niveau vers la DGSNR (l'Autorité de sûreté) est requise. Des actions de lobbying ou de contre-feu (autres experts) sont-elles possibles ? »

Le journaliste demande : « EDF a-t-il tenté de faire pression en dehors du cadre des discussions avec les experts de l'IRSN et de l'Autorité de sûreté ? « Il est clair qu'il y a des discussions sur le rythme et le volume exacts des travaux », déclarait récemment un cadre important d'EDF. « Je n'ai pas le sentiment qu'EDF ait dépassé les bornes sur ce dossier», juge pour sa part André-Claude Lacoste, le patron de l'Autorité du Sûreté Nucléaire. «Quand on constate une divergence entre l'IRSN et EDF, c'est à nous de trancher », poursuit-il. Avec quelle publicité ? C'est la question centrale, pour les experts de l'IRSN, tenants de la ligne « transparence ». Ces derniers, toujours sous le couvert de l'anonymat tant le sujet est brûlant en interne, dénoncent le fait de ne pas avoir été autorisés à communiquer sur ce dossier séisme. »[10]

Les données publiées par Le Réseau Sortir du Nucléaire sont accablantes et concernent 42 des 58 réacteurs français :

- Chinon (Indre-et-Loire) : EDF a baissé d’office la valeur de l¹intensité des séismes de référence. Il s’agit là d’une falsification aussi incroyable que grossière.

- Belleville (Cher) : EDF s’est autorisée à prendre comme référence un séisme datant de 1079 pour lequel il existe très peu de données, écartant le séisme de référence (de 1933) qui impliquait des mesures plus contraignantes.

- Blayais (Gironde) : Les chiffres d¹EDF sont trois fois moins contraignants que ceux de l’IRSN. Or André-Claude Lacoste, directeur de l’Autorité de sûreté nucléaire donne raisons à EDF sans se justifier. Idem pour Saint-Laurent des Eaux (Loir-et-Cher).

- Les centrales de Dampierre (Loiret), Bugey (Ain), Fessenheim (Haut-Rhin), Civaux (Vienne), Saint-Alban (Isère), Golfech (Tarn-et-Garonne), Nogent (Aube) et Chooz (Ardennes) également mises en cause.

Le Réseau Sortir du Nucléaire pense qu’EDF a redéfini à sa manière les zones sismiques afin de ne pas avoir à tenir compte de certains séismes. Contrairement à d’autres pays, comme le Japon où 15 réacteurs nucléaires sont actuellement fermés administrativement suite à la falsification de documents concernant la sûreté. Ce n’est pas en France que des mesures aussi sévères - et indispensables - seraient prises.

L'affaire divulguée par l'association antinucléaire faisant grand bruit, l'Autorité de sûreté a décidé de rendre publique une lettre qu'elle a adressée à EDF pour trancher le débat. « Dans ce document de 6 pages, très technique, le gendarme du nucléaire donne raison à EDF sur plusieurs points. Sur d'autres, il lui demande de refaire des calculs ou de tenir compte de l'avis de l'IRSN » indique le journaliste du Figaro.

André-Claude Lacoste, le directeur de l'Autorité de sûreté nucléaire reconnaît :  « Les séismes représentent un sujet sur lequel l'opinion est sensible. »

C’est bien là le problème !

Le courriel de Madame le ministre de l’Écologie

Juste après le séisme qui a frappé l'Algérie le 21 mai 2003, l'IRSN a diffusé un communiqué de presse donnant des informations scientifiques sur la secousse. Cette habitude, date de plusieurs années, elle permet à l'institut de montrer qu'il est compétent en sismologie. L'IRSN en profite pour rappeler en annexe la prise en compte du risque sismique dans la conception et l'exploitation des installations nucléaires françaises.

Ceux qui nous dirigent ne sont pas encore prêts à dire la vérité, cette annexe a suscité une vive réaction de la ministre de l'Écologie, Roselyne Bachelot-Narquin, qui dans un courriel daté du 27 mai, adressé à la direction de l'IRSN reproche : « Rappeler que l'IRSN travaille sur le risque sismique depuis longtemps, très bien. Mais la dernière fiche sur la prise en compte du séisme dans les centrales nucléaires françaises me semble superflue. Je trouve superflu de remettre sur le tapis explicitement ce sujet sensible à l'occasion d'un événement qui n'a pas grand-chose à voir. On est un peu au-delà de la simple transparence. »

C’est certainement ce que Jean-Pierre Raffarin doit appeler la « positive attitude » !

Pauvre Roselyne qui lorsqu’elle a été invitée par la présidente de l’association « Les enfants de Tchernobyl » lui a répondu qu’elle ne voyait pas le rapport avec sa fonction de ministre de l’Écologie et Tchernobyl…

Le mardi 24 juin 2003, l’AFP diffuse une dépêche : Nucléaire-séisme, le réseau Sortir du nucléaire accuse : « EDF a falsifié des données sismologiques établies afin de s'éviter des travaux onéreux et pourtant indispensables pour la sûreté des centrales nucléaires », écrit dans un communiqué cette fédération, qui revendique l'adhésion de 650 associations et groupes écologistes et anti-nucléaires.

Interrogée par l'AFP, EDF n'a pas souhaité réagir à ces informations. Le réseau anti-nucléaire s'appuie notamment sur un document de quatre pages, publié le 17 juin 1995 sur le site de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

Dans ce document, le « gendarme du nucléaire » demande à EDF de revoir à la hausse les données prises en compte pour les risques de séisme. « L'ASN demande à EDF de retenir pour certains sites les hypothèses avancées par l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN) conduisant au final à retenir des spectres sismiques plus sévères. L'ASN demande à EDF de modifier en conséquence les études sismiques de plusieurs sites », écrit l'Autorité de sûreté.

Nouvelle ministre, nouvelle transparence

Le 21 novembre 2005, Madame Nelly Olin, ministre de l’Ecologie faisait publier  la « carte de l’aléa sismique » en France.

Cette information est immédiatement reprise par le Réseau Sortir du nucléaire qui agrémente la carte des centrales nucléaires et déclare : « On découvre subitement que la centrale de Chinon est dans une zone où le risque sismique était sous-estimé. » Il en profite pour rappeler que les chiffres retenus pour l’évaluation des risques sismiques par EDF ont été « fortement contestés » par les experts officiels de l’Autorité de Sûreté nucléaire (ASN) dans un courrier en date du 2 juin 2003 : « Lors de l’instruction qui a eu lieu entre l’IRSN et vos services, l’IRSN a remarqué que les intensités épicentrales de la plupart des séismes de références avaient été revues à la baisse (par EDF) par rapport à celle qui sont proposées dans la base SISFRANCE (…) Dans le rapport de sûreté nucléaire du site de Chinon édition 1997, les valeurs des intensités épicentrales sont identiques à celles issues de la base SISFRANCE. ». Suite à ce courrier, le Réseau Sortir du nucléaire accuse EDF de falsifications des données sismiques. Ces accusations ne seront suivies d’aucune poursuite en diffamation par EDF. Un véritable aveu pour ce groupement de 750 associations.

Sur la carte du ministère de l’Ecologie agrémentée des centrales nucléaires en France, il apparaît que sur 58 réacteurs, « 42 sont menacés » ! Le réseau demande la fermeture immédiate des centrales de Chinon, Civaux (Vienne), Bugey (Ain), et Fessenheim (Haut-Rhin), « les plus menacées par le risque sismique » et soulève le risque de tsunami des centrales situées en bordure d’océan ou de mer : Blayais (Gironde) qui a déjà connu de graves problèmes lors de la tempête du 26 décembre 1999, celle de Paluel et Penly (Seine-Maritime, et Flamanville (Manche).

Alors, n’est-il pas logique que le reportage de Bente Milton n’ait pas été présenté sur les chaînes de télévision française ?

Personne ne s’intéresse à la vérité quand elle dérange ! Pourtant, tout État qui accorde quelque valeur à la vie de ses citoyens, devrait faire réaliser des études géologiques en ce sens.

Il faudrait contrôler la situation géologique de toutes les centrales nucléaires dans le monde, c’est vital et rechercher les risques sismiques. Le réseau écologiste rappelle que « quinze réacteurs nucléaires sont actuellement fermés au Japon, par décision administrative, suite à des falsifications de documents concernant la sécurité. Ce qui est possible au Japon doit aussi l'être en France », conclut le mouvement.

Alors, effectivement, nous parlerait-on d’un tremblement de terre qui aurait été la cause de la plus grande catastrophe civile dans une centrale nucléaire ? Certainement pas !

Georges Charpak écrit : « Parmi les accidents possibles, on peut imaginer une panne d’électricité locale, l’éclatement des tuyauteries à haute pression, un tremblement de terre, un avion qui s’écrase sur l’enceinte d’un réacteur ... »[1]

Je rappelle également ce que j’avais écris en 1998, dans l’introduction de mon premier livre: Ce fameux nuage…Tchernobyl, page 11 : « Aujourd'hui, la France n'est pas à l'abri d'un attentat. Que se passerait-il si un terroriste allait s'écraser en avion sur une de nos centrales atomiques ? Nos gouvernants seraient-ils capables de gérer techniquement et socialement une telle catastrophe nucléaire en France ? » Depuis, il y a eu le 11 septembre 2001 !

Alors, je n’ai pas les moyens de vérifier personnellement cette version du tremblement de terre, et, si elle est exacte, je comprends qu’elle soit, elle aussi, restée à la frontière, mais je pense que tout citoyen français a le droit de la connaître et de faire son propre  jugement sur la vérité des informations reçues.

Qu’avons-nous fait de notre planète ? Une grenade dégoupillée dont la seule inconnue est le temps avant l’explosion ? Comme le dit Madame Nicoli : « Si l'on sait que là ou il y a eu, il y aura, il nous est impossible de dire quand !!! ». A quel endroit la terre tremblera-t-elle la prochaine fois ? Avec quelle intensité sur l’échelle de Richter ?

Quel héritage allons-nous laisser à nos enfants, à nos petits enfants ?

Un proverbe arabe dit : « Lorsque tu prends une noix dans une coupe à fruit, si tu ne peux la casser, laisse-la pour ceux qui viendront derrière toi. »

 À méditer…

[1] Directeur Général de la centrale, lors de l’accident.

[2] « Tchernobyl, les vraies raisons d’une catastrophe »  Bente Milton - Arte.

[3] Ces documents sont montrés lors du reportage d’Arte.

[4]Tchernobyl, les vraies raisons d’une catastrophe  Bente Milton - Arté.

[5] Source WISE-Amsterdam, 8 septembre 1995.

[6] Edition du Rocher - juin 2001.

[7] Editions Sang de la terre – octobre 1998.

[8]1998 : Voyage International Grant, Panorama Nordique ; 1998 : Recommandation spéciale du jury - PRIX EUROPA ; 1999 : Meilleur documentaire - Film-jours nordiques dans Lübeck, Allemagne ;  Récompense danoise d'académie de film - documentaire de l'année ; Certificat du mérite - récompenses d'or de porte, San Fransisco ; Meilleur documentaire, festival del media Ambient international, Gava, Espagne ; 2000 : Base Danoise D'Incapacité, Prix D'Encouragement ; Nommé pour le prix 2000 de TV-Festival ; 2001 : Nommé pour des récompenses d'cIda pour le film distingué de dispositif ; 2002 : Gagnant du Prix ITALIE - prix spécial de Granorolo ; 2002 : Gagnant de prix européen de télévision - Ôkomedia 2002 ; 2003 : Nommé pour le Grimme Preis.

[9] Institut de Radioprotection et de Sûreté Nucléaire.

[10] Nucléaire : la transparence muselée Le Figaro du 10 juin 2003.

[11]De Tchernobyl en Tchernobyls – Editions Odile Jacob- septembre 2005 - page 207.

[12] De Tchernobyl en Tchernobyls – Editions Odile Jacob- septembre 2005 - page 207.